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Just Ride actus/ Madagascar renforce la conservation marine communautaire grâce à un financement de plus de 5,2 millions de dollars

Just Ride actus/ Madagascar renforce la conservation marine communautaire grâce à un financement de plus de 5,2 millions de dollars

Le Fonds du Cadre Mondial pour la Biodiversité (GBFF), mécanisme financier du Global Environment Facility (GEF), confirme son passage à une phase pleinement opérationnelle. Depuis son lancement en 2024, plus de 288 millions de dollars de projets ont été approuvés à travers le monde. Parmi les plus récents, trois projets concernent la Colombie, l’Indonésie et Madagascar, illustrant une nouvelle approche plus inclusive et intégrée du financement de la biodiversité.

À Madagascar, ce soutien se traduit par un investissement de 5 294 722 dollars destiné à la préservation des écosystèmes côtiers et marins, parmi les plus riches et les plus menacés de la planète. Située au cœur de l’océan Indien occidental, à la convergence des courants d’Agulhas et de Somalie, la Grande Île abrite une biodiversité marine exceptionnelle, essentielle à la fois pour l’équilibre écologique mondial et pour les moyens de subsistance de milliers de communautés côtières.


Un patrimoine marin d’importance mondiale sous pression

Madagascar compte plus de 250 000 hectares de mangroves, soit environ 2 % de la couverture mondiale, ainsi que près de 1 400 km de récifs coralliens et d’herbiers marins, soutenant plus de 300 espèces de coraux. Ces écosystèmes hébergent plus de 5 000 espèces marines, dont 1 540 espèces de poissons – avec 30 espèces endémiques –, 123 espèces de requins et de raies, ainsi que neuf espèces de mammifères marins, dont les dugongs et plusieurs espèces de baleines.

Cependant, cette richesse naturelle est aujourd’hui fragilisée par la pêche illégale et destructrice, les pratiques non durables, le changement climatique, le développement côtier incontrôlé, mais aussi par la pauvreté extrême et une gouvernance encore fragile dans certaines zones.


Des engagements forts pour la conservation marine

Au cours des dernières décennies, Madagascar a multiplié les engagements internationaux en faveur de la conservation marine, notamment lors des congrès mondiaux des parcs et des conférences des parties. Le pays a notamment procédé au triplement du nombre d’aires marines protégées (AMP) et à la diversification des modes de gestion, tout en comblant des lacunes juridiques qui empêchaient jusqu’alors les communautés locales de disposer de droits formels sur leurs zones de pêche traditionnelles.

Cette évolution a permis l’émergence d’un modèle de gouvernance reconnu à l’échelle régionale : la combinaison des aires marines protégées formelles et des zones marines gérées localement (LMMAs), reposant sur une gestion communautaire intégrant les règles coutumières, la participation citoyenne et la conservation de la biodiversité.


Un nouveau projet pour pérenniser les LMMAs

Le projet récemment approuvé par le GBFF, intitulé « Financement durable et gestion inclusive pour perpétuer les Zones Marines Gérées Localement à Madagascar », s’inscrit dans la continuité de l’initiative précédente dédiée à l’extension du réseau d’AMP. Il vise à consolider le leadership de Madagascar en matière de conservation marine communautaire.

L’objectif principal est de renforcer les cadres juridiques, institutionnels et financiers afin de garantir la pérennité des LMMAs, encore freinées par une reconnaissance incomplète des droits communautaires. Le projet adopte une approche holistique, combinant réformes structurelles et actions concrètes sur le terrain dans trois paysages marins de l’ouest de Madagascar.

Parmi les innovations majeures figure la création de la Facilité pour la Biodiversité Marine et la Résilience des Communautés, un mécanisme financier destiné à soutenir durablement les LMMAs tout en favorisant l’émergence de moyens de subsistance alternatifs et durables pour les communautés côtières.


Les communautés locales au cœur de la gouvernance

La gestion coutumière des ressources marines reste un pilier central du modèle malgache. Le pays compte aujourd’hui environ 280 LMMAs, soutenues par plus de 25 organisations non gouvernementales nationales et internationales. Ces zones reposent sur des systèmes participatifs associant pêcheurs, autorités locales, services de l’État et organisations de la société civile.

Le nouveau projet entend renforcer cette dynamique en améliorant la gouvernance inclusive, la résolution des conflits et la cohésion sociale, tout en connectant et en étendant les réseaux de LMMAs. Madagascar se positionne ainsi comme un leader régional de la gestion communautaire des ressources marines dans le sud-ouest de l’océan Indien.


Des impacts sociaux concrets et mesurables

Au total, le projet bénéficiera directement à au moins 5 450 personnes, dont 5 100 issues des communautés locales, à travers des formations, des échanges de connaissances, le renforcement des capacités en financement durable et l’appui aux structures de gouvernance locale. Une attention particulière est portée à l’inclusion : 50 % des bénéficiaires finaux seront des femmes, ainsi que des personnes en situation de vulnérabilité.


Un partenariat national et international élargi

Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable assure la mise en œuvre du projet, en collaboration avec des acteurs clés tels que FAPBM, Tany Meva et le réseau Mihari. Le projet est supervisé par un Comité National de Pilotage réunissant plusieurs ministères stratégiques, dont ceux de la Décentralisation, des Pêches et de l’Économie Bleue, des Transports maritimes et des Mines. Le WWF agit en tant qu’agence du GEF pour l’appui technique et institutionnel.


Vers un avenir marin plus résilient

À travers ce nouveau financement du GBFF, Madagascar confirme son engagement à concilier protection de la biodiversité marine et développement socio-économique des communautés côtières. Dans un contexte de pressions environnementales croissantes, ce projet illustre comment une gouvernance inclusive et un financement durable peuvent jeter les bases d’un avenir plus résilient et plus favorable à la nature.

Crédit images : WWF

Écrit par : T. Berado

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