


Les Assises régionales sur l’agribusiness s’ouvrent ce mercredi 21 janvier dans les 23 régions de Madagascar, marquant une étape déterminante dans la stratégie nationale de relance économique. Pilotée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, cette démarche inédite consacre une approche participative assumée, plaçant les acteurs locaux au cœur de la définition des politiques publiques et du développement économique des territoires.

Organisées simultanément dans les capitales provinciales, ces assises rassemblent l’ensemble de l’écosystème agricole et agro-industriel régional : autorités locales, agriculteurs et organisations paysannes, opérateurs privés, institutions financières, société civile et partenaires techniques. L’ambition est de co-construire, à partir des réalités du terrain, des solutions adaptées aux potentialités et aux contraintes propres à chaque région.
Cette démarche participative vise à rompre avec les politiques descendantes longtemps critiquées pour leur manque d’ancrage local. Les échanges permettront d’identifier les filières à fort potentiel, de lever les freins à la productivité et de formuler des propositions concrètes en matière de transformation locale, d’accès au financement, d’infrastructures, de logistique ou encore de sécurisation foncière. Autant de leviers essentiels pour structurer des chaînes de valeur territorialisées et créatrices d’emplois durables.

En intégrant pleinement les contributions régionales au processus décisionnel national, l’État engage une véritable dynamique de décentralisation économique. Les régions ne sont plus de simples exécutantes, mais deviennent des espaces de décision et d’innovation, capables d’orienter les priorités de développement en fonction de leurs ressources, de leurs savoir-faire et de leurs marchés.
Cette phase régionale s’inscrit dans la continuité du lancement officiel des Assises pour la relance économique de Madagascar, tenu lundi. Selon le calendrier présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, les recommandations issues des régions alimenteront une semaine de dialogues public-privé à la mi-février, avant d’être consolidées au niveau national.

La concertation élargie, incluant la société civile et les partenaires techniques et financiers, devrait aboutir à la signature du Pacte national de relance économique au mois de mars. Présenté comme un instrument opérationnel, ce pacte sera assorti de contrats de performance et d’un mécanisme de suivi rigoureux afin d’assurer la mise en œuvre effective des engagements pris sur le terrain.
À travers ces assises régionales, le gouvernement entend jeter les bases d’un développement local inclusif, fondé sur la participation active des territoires et la valorisation des économies rurales. L’agribusiness est ainsi appelé à devenir non seulement un moteur de croissance nationale, mais aussi un levier de transformation sociale et économique au plus près des communautés.
Crédit images : FAO/ Ministère de l'Agriculture/ Guanomad
Écrit par : T. Berado

