


Madagascar panse ses plaies après le passage dévastateur du cyclone tropical intense Gezani, l’un des plus violents observés ces dernières années. Le bilan provisoire fait état d’au moins 35 morts, de dizaines de blessés graves et de plus de 250 000 personnes sinistrées à travers le pays. Les autorités préviennent toutefois que ces chiffres pourraient encore s’alourdir à mesure que les zones isolées deviennent accessibles.

La ville de Toamasina, deuxième ville du pays et principal port de Madagascar, a été frappée de plein fouet. Selon les autorités et les ONG présentes sur le terrain, entre 75 % et 90 % de la ville ont été détruits ou gravement endommagés. Les rafales, atteignant jusqu’à 250 km/h, ont arraché des milliers de toitures, déraciné des arbres et transformé de nombreux quartiers en champs de décombres. Les autorités estiment que près de 90 % des toits de la ville ont été touchés, en totalité ou en partie.

Au-delà des pertes humaines et matérielles, la situation des routes nationales complique fortement les opérations de secours et les déplacements. Plusieurs axes majeurs du pays sont aujourd’hui partiellement ou totalement impraticables :
RN2 (Antananarivo – Toamasina) : 4 points de coupure ou impraticables, rendant l’accès au port extrêmement difficile.
RN7 : 2 points critiques signalés.
RN4 : 1 point impraticable.
RN44 : 2 points de coupure.
RN1 : seul axe principal épargné, sans coupure signalée à ce stade.
Cette situation constitue un frein majeur à l’acheminement de l’aide humanitaire, notamment vers les zones les plus touchées de la côte Est. Les autorités appellent à la prudence et déconseillent formellement tout déplacement non essentiel, en particulier pour les usagers de deux-roues et les voyageurs en road trip.

La gravité de la situation est renforcée par le fait que le cyclone Gezani est survenu une semaine seulement après le passage du cyclone Fytia, qui avait déjà fragilisé les sols, les infrastructures et les habitations. Les glissements de terrain, inondations et effondrements de routes sont donc plus nombreux et plus sévères.
Face à l’ampleur des dégâts, le gouvernement a déclaré l’état de sinistre national et lancé un appel urgent à l’aide internationale. Une première enveloppe de plusieurs millions de dollars a été débloquée via le système des Nations unies pour les secours d’urgence, mais les besoins pour la reconstruction pourraient atteindre des dizaines de millions de dollars.

Alors que Gezani s’affaiblit en traversant l’île d’est en ouest, les services météorologiques restent vigilants : le système pourrait se réintensifier dans le canal du Mozambique, faisant planer la menace sur d’autres régions déjà fragilisées par les inondations.
Cette nouvelle catastrophe met une fois de plus en lumière la vulnérabilité extrême de Madagascar face aux phénomènes climatiques intenses et pose la question cruciale de la reconstruction durable et de la protection des populations à long terme.
Images : BNGRC/ Facebook
Écrit par : T. Berado

