


Pour qui voyage à moto à Madagascar, Moramanga n’est jamais une simple étape. C’est un carrefour. Entre la forêt humide de l’Est, les pistes rouges qui filent vers le lac Alaotra et la RN44 que l’on préfère souvent aux grands axes trop rapides, Moramanga incarne ce moment où l’on ralentit, où l’on observe, où l’on comprend que la route raconte aussi l’avenir du pays.

Aujourd’hui, cet avenir prend la forme d’un parc solaire de 15 MW porté par le Groupe Filatex. Un projet stratégique, connecté au Réseau Interconnecté d’Antananarivo, pensé pour renforcer l’approvisionnement électrique de la capitale et soutenir la dynamique économique de la région Analamanga.
Sur le site, récemment, une délégation réunissant la Primature, le ministère de l’Énergie, la Jirama, ainsi que des partenaires techniques et financiers, est venue évaluer l’avancement des travaux. Objectif : préparer l’optimisation, l’extension future du parc et surtout l’évacuation efficace de l’énergie produite vers le réseau national. Une visite technique, certes, mais aussi un signal politique fort : la transition énergétique ne peut avancer qu’avec une coordination réelle entre acteurs publics et privés.

Pour nous, motards, ces projets ne sont pas abstraits. Une énergie plus stable, c’est moins de groupes électrogènes qui tournent dans les villages, moins de gasoil transporté sur des routes déjà éprouvées, moins de pression sur les forêts utilisées comme source de charbon. C’est aussi la possibilité, demain, de voir émerger des infrastructures adaptées aux nouvelles mobilités, des ateliers, des hébergements plus autonomes, et pourquoi pas, un jour, des bornes solaires pour les deux-roues électriques sur les grands axes.

« Moramanga prouve qu’une transition énergétique ambitieuse est possible lorsque publics et privés avancent ensemble. Nous investissons aujourd’hui pour sécuriser l’énergie de demain », souligne Tahina Ramaromandray, Directeur Général d’Afripower. Une phrase qui résonne particulièrement quand on traverse ces paysages à moto, conscient que chaque choix énergétique façonne les routes de demain.
Rouler, c’est consommer de l’énergie. Choisir comment elle est produite, c’est décider du monde que l’on traverse. À Moramanga, sous le soleil d’Analamanga, la transition énergétique n’est plus un concept : c’est un chantier bien réel, au bord de la route.
Crédit images : Groupe Filatex
Écrit par : T. Berado

