


La route, à moto, n’est jamais un simple moyen d’aller d’un point A à un point B. Elle est une expérience, un lien vivant entre les paysages, les cultures et les hommes. À Madagascar, deux axes majeurs s’apprêtent à changer durablement cette expérience : la RN6 au Nord et la RN13 au Sud. Financées par l’Union européenne avec l’appui de la Banque européenne d’investissement, ces routes entrent dans leur phase finale et devraient être totalement achevées cette année.
Avec plus de 90 % des travaux réalisés, le bitumage touche à sa fin sur ces deux artères stratégiques. Pour les voyageurs à moto, c’est une petite révolution.

La RN6 relie Ambanja à Antsiranana sur environ 233 kilomètres. Un axe longtemps redouté des motards pour ses portions dégradées, ses ornières et ses coupures saisonnières.
Avec un financement global de plus de 110 millions d’euros, combinant prêt et subvention européens, la RN6 devient aujourd’hui une route roulante, fiable et régulière. Pour le tourisme à moto, les conséquences sont immédiates :
Allongement des saisons de voyage : le Nord devient accessible même en dehors de la saison sèche stricte.
Démocratisation du road trip : plus besoin d’une préparation “expédition” pour relier la région cacao-vanille d’Ambanja aux paysages volcaniques et maritimes de Diego-Suarez.
Relance des haltes locales : petits hôtels, gargotes, ateliers mécaniques et guides locaux profitent du passage plus régulier des voyageurs.
À moto, cette route ouvre enfin un itinéraire continu entre plantations, baies spectaculaires et pistes secondaires menant à des sites encore peu fréquentés.
Au Sud, la RN13 reliant Ambovombe à Taolagnaro (114 kilomètres) est tout aussi stratégique. Longtemps synonyme de fatigue extrême, de poussière et de délais imprévisibles, cet axe est aujourd’hui réhabilité grâce à un financement de 75 millions d’euros, dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et à la résilience (PACR).
Pour les motards voyageurs, la RN13 change la donne :
Accès facilité à Fort-Dauphin sans dépendre uniquement de la RN7 et de longs détours.
Découverte progressive du Sud : savanes arides, villages antandroy, baobabs et littoral de l’océan Indien deviennent accessibles étape par étape.
Moins de contraintes mécaniques : une route plus propre réduit l’usure des motos et rend le voyage possible avec des machines plus variées, du trail léger à la routière.
Ces infrastructures, dont les travaux ont débuté en 2021 pour la RN6 et en 2022 pour la RN13, ne sont pas qu’un progrès technique. Elles posent aussi une responsabilité : développer un tourisme à moto durable.
Plus de routes signifie plus de visiteurs. À nous, voyageurs, journalistes et passionnés de moto, de promouvoir :
le respect des communautés locales,
la limitation des déchets,
la valorisation des guides et hébergements locaux,
et une conduite responsable dans des zones naturelles sensibles..jpg)
La RN6 et la RN13 ne sont pas seulement des chantiers en voie d’achèvement. Ce sont des promesses d’itinéraires, de rencontres et de récits. Pour les amateurs de road trip à moto, elles ouvrent un Madagascar plus fluide, plus accessible, mais toujours aussi brut et authentique.
Écrit par : T. Berado

