


Face à la psychose qui s'est emparée des stations-service mardi et à l’assèchement critique des cuves dans certaines régions, l’Exécutif passe à l’offensive. Le Conseil des ministres du 7 avril a tranché : Madagascar entre officiellement en « état d’urgence énergétique ».
Après une journée de mardi marquée par des files d'attente kilométriques et un silence radio des autorités qui alimentait toutes les rumeurs, le gouvernement a brisé le silence hier soir. Ce décret, validé par la Haute Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême, place le pays sous un régime d’exception pour une durée de 15 jours.
L’objectif est clair : court-circuiter les lourdeurs administratives pour répondre à une crise qui n'est plus seulement logistique, mais désormais sociale.
Si la capitale a frôlé l’hystérie collective hier, c’est la situation à Nosy Be qui semble avoir été le détonateur de cette décision. L’île aux Parfums, fleuron du tourisme national, subit de plein fouet l'interruption des flux d’approvisionnement.
Le gouvernement pointe du doigt un cocktail explosif :
Contexte international délétère : Les tensions au Moyen-Orient qui grippent les mécanismes d'importation.
Ralentissement du fret : Des difficultés majeures dans l'acheminement physique des produits pétroliers vers les côtes malgaches.
Concrètement, cette mesure exceptionnelle donne les pleins pouvoirs à l’État pour intervenir directement sur le marché des hydrocarbures. Durant les deux prochaines semaines, les autorités pourront :
Réquisitionner les stocks et les moyens de transport si nécessaire.
Sécuriser prioritairement l’approvisionnement des services publics essentiels (hôpitaux, Jirama, transports).
Accélérer les procédures d'importation pour débloquer les cargaisons en attente.
L’annonce de ce décret vise avant tout à rassurer une population aux abois. Hier, le rationnement à 25 000 Ar par véhicule et l’interdiction des bidons témoignaient de l’urgence de la situation.
En instaurant ce cadre légal d’exception, l'État espère siffler la fin de la récréation pour les spéculateurs et garantir que les camions-citernes, dont on ignorait encore hier s’ils avaient quitté Toamasina, arrivent enfin à destination. Reste à savoir si ces 15 jours suffiront à stabiliser un circuit d'approvisionnement structurellement fragile face aux chocs mondiaux.
Le sursis est lancé.
Crédit images : Facebook
Écrit par : T. Berado

