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Just Ride actus / Madagascar : L'état d'urgence énergétique prolongé face à l'instabilité mondiale

Just Ride actus / Madagascar : L'état d'urgence énergétique prolongé face à l'instabilité mondiale

Le gouvernement malgache maintient le cap de la vigilance. Lors du Conseil des ministres du 23 avril 2026, un nouveau décret a été adopté pour réinstaurer l’état d’urgence énergétique sur l’ensemble du territoire national. Cette décision prolonge une mesure initialement prise le 7 avril dernier, soulignant la fragilité persistante de l'approvisionnement énergétique de la Grande Île.

Si le communiqué officiel reste peu disert sur les modalités techniques d'application de cette prorogation, l'objectif demeure inchangé : sécuriser le marché local et amortir le choc d'une crise énergétique mondiale exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.


Un cadre légal strict : La loi n°91-011

À Madagascar, l'état d'urgence ne relève pas de l'improvisation. Il est strictement encadré par la loi n°91-011 du 18 juillet 1991 relative aux situations d'exception. Voici les points clés de ce régime :

  • Le déclenchement : Il est décrété en Conseil des ministres lorsqu'un "péril imminent" menace l'ordre public ou l'économie nationale.

  • La durée : La loi prévoit une période initiale de 15 jours.

  • Le renouvellement : La mesure est renouvelable par décret, comme c'est le cas actuellement, si les causes ayant motivé son instauration persistent.


Ce que l'état d'urgence énergétique implique concrètement

L'activation de ce régime d'exception confère aux autorités des pouvoirs élargis pour intervenir sur le marché et la distribution de l'énergie. Bien que les modalités spécifiques à 2026 ne soient pas encore détaillées, l’état d’urgence implique généralement :

  1. Le contrôle des prix : L'État peut plafonner les prix des carburants et de l'électricité pour éviter la spéculation et protéger le pouvoir d'achat.

  2. La réquisition des stocks : Les autorités peuvent réquisitionner les infrastructures de stockage ou les stocks de produits pétroliers auprès des compagnies privées pour assurer la continuité des services essentiels.

  3. La rationalisation de la distribution : Des mesures de délestage organisé ou de limitation de la vente de carburant à la pompe peuvent être instaurées pour éviter la pénurie totale.

  4. La sécurisation des infrastructures : Une surveillance accrue des sites stratégiques (centrales électriques, dépôts de carburant) par les forces de l'ordre.

Un contexte international sous haute tension

Madagascar, fortement dépendant des importations d'hydrocarbures pour sa production d'électricité thermique, subit de plein fouet l'instabilité des marchés pétroliers. Les tensions actuelles au Moyen-Orient font craindre des ruptures de chaîne d'approvisionnement et une volatilité des prix que le pays tente d'anticiper par cette posture juridique défensive.

L'enjeu pour les semaines à venir sera de voir si ce cadre légal permettra d'accélérer les révisions structurelles nécessaires pour réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles, alors que l'urgence, elle, devient la norme.

Écrit par : T. Berado

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