


Madagascar s'apprête à franchir un cap historique dans la structuration de son secteur touristique. Du 11 au 14 juin 2026, le Centre de Conférences International (CCI) Ivato accueillera la 12e édition de l’International Tourism Fair Madagascar (ITM), orchestrée par l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM). Au cœur de ce grand rassemblement se tiendront, les 11 et 12 juin, les 10es Assises internationales du tourisme durable et responsable. Un événement crucial qui soulève une question : et si c'était l'occasion idéale d'imaginer de nouvelles formes de voyage, comme le tourisme à moto ?

Placées sous le thème ambitieux : « Pour le développement d’un tourisme durable et raisonné à Madagascar : vers la création d’une charte nationale et d’un label certifié, déclinable par filière », ces assises réuniront les acteurs publics et privés. L’objectif officiel est clair : poser les jalons d’un tourisme inclusif, éthique et compétitif, formalisé par une charte de qualité. À travers des conférences thématiques et des ateliers participatifs, il s'agira de renforcer la coordination sectorielle et de mieux valoriser les communautés locales.
Mais pour que ce futur label national soit une réussite, il devra s'adapter à la réalité du terrain malgache et s'ouvrir à des niches innovantes. En tant qu'observateurs du secteur, une piste se détache par sa pertinence et son potentiel de développement raisonné : le tourisme à moto.
Si le tourisme à moto n'est pas encore inscrit à l'ordre du jour officiel des discussions, il coche pourtant toutes les cases des ambitions affichées par ces Assises. Madagascar, avec sa géographie contrastée et ses pistes mythiques, possède un relief taillé pour l'aventure à deux roues.
Loin des clichés de la vitesse, le mototourisme moderne est une pratique de liberté et de contemplation qui offre trois avantages majeurs pour la Grande Île :
Une empreinte infrastructurelle minimale : Contrairement au tourisme de masse qui exige de lourds aménagements routiers ou hôteliers souvent destructeurs pour l'environnement, la moto s'adapte à l'existant. Elle passe là où les bus ne vont pas, sans nécessiter de bitumer le cœur de la nature malgache. C'est l'essence même d'une approche raisonnée.
Une économie injectée directement dans les zones rurales : C'est le point fort de cette filière. Le voyageur à moto ne consomme pas "hors-sol". Il s'arrête dans les gargotes de brousse, achète ses fruits au bord de la piste, et loge dans de petits gîtes villageois. Les retombées financières ne restent pas centralisées dans les grands hubs touristiques ; elles sont partagées directement, de main à main, avec les populations locales.
Une immersion humaine et respectueuse : À moto, pas de vitre teintée ni de barrière culturelle. Le voyageur est accessible, exposé aux éléments, ce qui favorise un contact spontané et respectueux avec les habitants. Les communautés locales ne sont plus de simples figurants d'un circuit, mais les actrices principales de l'hospitalité et les premières bénéficiaires économiques du voyage.
L'un des grands chantiers de l'ITM 2026 sera de concevoir un label « déclinable par filière ». C'est précisément là que la création d'un cadre pour le tourisme à moto prendrait tout son sens.
En intégrant cette réflexion, Madagascar pourrait structurer une plateforme nationale dédiée, permettant de fédérer les guides locaux, de tracer des itinéraires respectueux des écosystèmes et de sensibiliser les voyageurs au respect des coutumes villageoises.
Les 10es Assises internationales du tourisme durable et responsable ont pour mission de dessiner l'avenir. En ouvrant le débat à des alternatives mobiles, fluides et profondément humaines comme le voyage à moto, la Grande Île prouverait que la durabilité se construit au plus près de ses territoires et de ses habitants. Une piste à explorer, assurément.
Écrit par : T. Berado

