


Le drapeau tricolore blanc, rouge et vert flotte désormais sur le toit du monde, à 8 849 mètres d'altitude. Après des années d'efforts, de sacrifices et une préparation d'une intensité rare, la famille Bouka a réalisé l’impensable : réussir l’ascension du mont Everest et inscrire, pour la toute première fois, Madagascar dans l’histoire de l’alpinisme mondial.
C’est aujourd’hui, vendredi 29 mai, que les héros nationaux font leur grand retour sur la terre de leurs ancêtres. Et le pays s’apprête à leur offrir la réception qu’ils méritent.

L'angle est désormais braqué sur la capitale. Depuis l'annonce de leur triomphe historique, une immense vague de fierté submerge les réseaux sociaux et les discussions de salon. Pour célébrer cet exploit qui dépasse les frontières du sport, un grand accueil populaire est organisé ce vendredi à partir de 17 heures au Parvis Analakely, en plein cœur d'Antananarivo.
« Voir le drapeau malgache au sommet de l’Everest, c’est quelque chose qu’on n’imaginait pas il y a encore quelques années », confie avec émotion un passionné d’alpinisme.
Pour le public malgache, Raj Alexandre, Raïs et Zouzar Bouka ne sont plus seulement des alpinistes émérites ; ils sont devenus les symboles vivants de la persévérance, du courage et de la fierté nationale. Des milliers de personnes sont attendues ce soir pour acclamer la famille et voir de près ces héros qui ont porté l'amour de Madagascar jusqu’à la limite de la stratosphère.

Ce succès d’aujourd’hui a le goût savoureux des grandes revanches. L’année dernière, en 2025, la famille avait déjà frôlé le sommet. Malheureusement, des conditions météorologiques dantesques les avaient contraints à rebrousser chemin à seulement 8 600 mètres du but, en pleine "zone de la mort".

Loin de se laisser abattre par cet échec, l'équipe du projet « De Madagascar à Everest » a redoublé d'efforts. L'entraînement a été repris avec une rigueur militaire :
Des sessions intenses sur le glacier autrichien de la vallée du Pitztal.
Des ascensions techniques préalables comme celle du Pichu Pichu (plus de 6 000 mètres).
Cette fois-ci, l'expérience et la résilience ont payé. Les alpinistes malgaches ont dompté les pièges les plus redoutables de l’Everest, notamment la terrifiante et mouvante cascade de glace du Khumbu, réputée comme l’une des sections les plus dangereuses du globe. Dans un environnement extrême où le thermomètre chute sous les -40°C et où le manque d'oxygène paralyse les corps, ils ont tenu bon. « Nous savions que tout pouvait basculer très vite là-haut, mais ils n’ont jamais abandonné », témoigne un proche de l’expédition.
Ce soir, à Analakely, l'heure ne sera plus au froid polaire ni aux crevasses de l'Himalaya, mais bien à la chaleur humaine et à la célébration. Soyez au rendez-vous à 17h pour transformer le cœur de la capitale en un parterre de ferveur nationale et dire ensemble : Raha misy ny hery, misy ny hery ! (Quand on veut, on peut !)
Écrit par : T. Berado

