Test comparatif : Scram 411 et Hunter 350

Nous avons eu deux jours pour essayer les deux derniers nés de Royal Enfield, la Scram 411 et la Hunter 350.

Conçues pour des pratiques complètement différentes, la Scram et la Hunter ne se comparent pas sur le même terrain. Cependant, nous avons quand même voulu voir jusqu’à quel point l’une comme l’autre peut aller au-delà de leurs zones de confort.

Commençons par la plus petite, la Hunter 350. Conçue à partir de la New Classic 350, la Hunter se veut plus sportive que ses sœurs, la Classic et la Meteor.

Sur le papier, la Hunter 350 devrait procurer plus de plaisir au pilote, notamment dans les courbes. Pour se faire, la Hunter est penchée un peu plus en avant. Sa géométrie met en avant une ADN de Roadster compact. En gros, elle est destinée aux jeunes pilotes férus de vitesse, mais qui ne vont pas non plus aller dans l’extrême. Mais en bonne Royal Enfield qui se respecte, la Hunter est quand même assez confortable pour faire de long trajet et son moteur issu de la Classic 350 est conçu avant tout aux longues balades.

Première impression au guidon de la Hunter, sa compacité. Nous avions déjà été surpris par sa taille lors de la prise en main il y a de cela quelques mois, et cela fait toujours son effet. La Hunter 350 est petite.

En ville, ce qui dérange c’est son guidon un peu trop large. Pour un jeune pilote qui veut une moto pour se faufiler dans les bouchons, la Hunter 350 a la taille pour, mais le guidon fait obstacle. Aussi, les commandes sont placées de façon un peu trop éloignées sur les commodos. Il faut du temps pour s’habituer aux boutons de clignotants et de phare qui sont difficiles à atteindre si on ne bouge pas le poignet. Ce sont les seuls points négatifs que nous avions trouvé sur cette moto, en partant du principe que nous l’avions testé en se mettant à la place d’un jeune permis.

A part cela, la Hunter 350 se prête parfaitement au jeu. Elle est légère et bien équilibrée . On fait un demi-tour facilement dans la rue sans même poser le pieds. La puissance de 24Chv est assez pour un jeune permis. Pas trop puissante pour le surprendre et assez pour avoir une idée de la vitesse, une fois que la Hunter atteint les 9.000rpm.

Pour un monocylindre, l’accélération est linéaire. On a ressenti aucun tamponnement du moteur. On a pris un virage rapide à 110km/h et la moto est restée stable. Le châssis est bien conçu et les deux amortisseurs latéraux à l’arrière encaissent très bien. L’inclinaison du train avant est suffisante pour ressentir le retour d’information des fourches. Les pneus d’origine se prêtent bien au jeu également.

Lors d’une sortie à Ambatolampy le samedi 6 mai, plusieurs profils de motards ont essayé la Hunter. En gros, les avis se divisent en deux.

Point marquant que nous avons déjà soulevé lors de la prise en main, le freinage. Les motards amateurs et les jeunes ont trouvé le freinage parfait. L’ABS est intrusif. Pour un jeune motard qui a tendance à freiner brusquement, cette intrusion est utile. Malgré sa taille, les jeunes motards ont également été surpris du couple que pouvais offrir la Hunter. Sa maniabilité a été soulevé par les jeunes quand ils ont dû éviter les nids de poules et les autres obstacles de la RN7.

Pour Les pilotes un peu plus expérimentés, ce freinage a posé problème. L’ABS non deconnéctable et trop intrusif a gêné leur pilotage. Par expérience, ces pilotes ont tendance à jauger le freinage par eux-même. « C’est comme si la Hunter freinait à notre place » a affirmé un pilote.

Notons cependant que ce freinage est utile pour un jeune pilote, cible principale de cette moto.

Conçu pour le bitume, nous avons quand même emmené la Hunter en hors-piste. Surprise, elle s’en sort très bien. Les amortisseurs encaissent et arrivent à garder les roues au sol malgré les boss, les dos d’âne et les trous. Elle n’a pas été conçue pour, mais lors d’une sortie improvisée où il faut sortir des sentiers battus, la Hunter peut faire l’affaire.

Voyons maintenant la Scram 411. Cette moto est la version Scrambler de la Himalayan 410. Avec des roues de 19 pouces contre 21 pour la Himalayan, la Scram 411 se veut plus urbaine. Ce qui s’est tout de suite vérifié lors de notre test. Elle est plus maniable.

Le dessin des roues aussi change. Un peu plus mixte sur la Scram, elle devrait être plus à l’aise à haute vitesse sur du bitume. Ce qui n’est pas trop le cas. A haute vitesse sur le même virage que nous avons pris avec la Hunter, la Scram s’est montré plus délicate à emmener. Probablement sa position de conduite de Trail, son mono amortisseur très souple, ses fourches de Cross et la répartition de masse.

Mais même si c’est une version urbaine de la Himalayan, la Scram n’a pas été conçu pour prendre des virages bitumeux. Elle a plutôt été conçue pour sortir des sentiers battus.

Si on devait faire une petite comparaison des premières impressions sur la Scram et la Hunter, ce serait le moteur et la démultiplication. Avec un moteur un peu plus gros et une démultiplication de Trail, la Scram est plus coupleuse. Cela se ressent surtout quand on s’extirpe des bouchons. En vitesse de pointe, la Scram roule de 10km/h de plus que la Hunter, mais on a peur dessus.

L’ABS de la Scram est également moins intervenant. Il faut vraiment se retrouver en situation d’urgence en freinant brusquement pour ressentir l’ABS. En pilotage normal, le pilote peu jauger lui-même le freinage.

Lors de la même sortie à Ambatolampy samedi dernier, la Scram était également en essai libre. Cette fois, elle a intéressé les pilotes expérimentés plus que les amateurs. Première impression, malgré la roue avant de 19 pouces, la Scram est plutôt imposante.

Il faut plus d’expérience et d’habitude pour pouvoir la dominer. Pour les pilotes expérimentés, la Scram ferait parfaitement une moto de week-end pour les sorties improvisées entre potes sans se prendre la tête. Même si on partait sur un coup de tête à Tuléar, la Scram ferait l’affaire. Elle s’en sort mieux sur le bitume que sa grande sœur la Himalayan, mais elle est également à l’aise en off-road. C’est le petit Trail parfait pour rouler en ville et sortir le week-end.

Conclusion, la Hunter s’adresse parfaitement aux jeunes pilotes qui recherchent une première moto leur procurant la sensation de ce que pourrait être une grosse cylindrée. La Scram quant à elle, a du mal à trouver son public. Elle convient aux amateurs qui veulent une moto à dompter et aux pilotes expérimentés qui veulent un retour aux sources pour découvrir les basiques d’une moto.

T. Berado

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